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¤ Tlanka, et ses cités libres

le Dim 7 Jan - 23:17
Tlanka, et ses cités libres



« Au-delà de Yûrai, le sous-continent tlankain abonde en civilisations exotiques et anciennes. Sous les règnes des Khazars, les Etats-cités tlankains ont prospéré, quand d’autres ont été enseveli sous les sables du temps. Aujourd’hui, on dénombre six grandes cités libres, Karar, Kandai'lik, et Iorgo, ainsi que Serways, Utzu et Lagabal. »





A l’extrémité orientale se dresse Karar. C’est la plus petite, la plus pauvre et la moins peuplée des six cités libres. Isolée des routes commerciales qui traversent l’orient, elle ne doit son indépendance qu’à la farouche volonté de ses habitants. Ses côtes regorgent de bancs de morue, de baleines et de léviathans qui viennent frayer dans la baie, et d’énormes colonies de phénix qui logent sur les récifs. Morue salée, défenses de morse, peaux de bisons et huile de baleine sont les principaux produits commercialisés par la ville. Aux temps anciens, Karar abritait la mystérieuse race des Oszy, disparue bien avant l’invasion inrelith en ne laissant d’eux aucune trace, sinon des ossements et les monuments qu’ils ont érigé. Les érudits débattent encore de la nature de ces constructions. S’agissait-il peut-être de fortifications, de temples ou de villes ? Ou autres destinations plus étranges ? Les Oszy n’ont jamais laissé d’écrits et il est probable que nous ne le saurons jamais. Leurs os révèlent néanmoins qu’ils étaient grands et massifs. Nous ne savons pas pourquoi ils ont disparu mais de vieilles légendes Karari narrent qu’ils ont été anéantis par… des êtres venus du ciel.  Au fil des siècles, ils ont été remplacés à Karar par d’autres populations. La cité a jadis été habitée par un étrange peuple, sombre de peau, les « Talaka ». Ces pêcheurs vivaient sur les côtes et évitaient tout centre urbain. Leur succédèrent les Inrelith menés par Nairan Kazar, venus d’occident, qui massacrèrent les hommes et prenant femmes et enfants comme esclaves.

Population estimée : soixante-dix mille habitants.





A proximité, la cité libre de Kandai’lik exerce son emprise sur les rives centrales du vieil océan. La ville haute, cernée de puissants murs d’acier sur lesquels sont gravés d’antiques runes et formules, coiffe de grandes falaises rocheuses. Trois cents pieds plus bas, la ville basse, défendue par des douves, des fossés et de gigantesques pieux, et par une palissade en bois couverte de mousse, s’étend sur les marécages alentours. La noblesse vit naturellement dans la ville haute, dominée par le grand-temple forteresse des prêtres barbus ; les pauvres se tassent en bas sur les quais, parmi les bordels, les tavernes et autres lieux de dépravation qui bordent le rivage. Les deux côtés de la ville ne sont reliés que par un massif escalier de pierre, nommé Jotusidar en l’honneur d’un prince. La grande Kandai-lik, comme l’appellent ses habitants, est entouré de collines calcaires escarpées, de denses et sombres jungles habités par mille et un prédateurs. Des galères traversent parfois les fleuves. Sous les remparts, les fermiers kandai’likois cultivent la terre en terrasse. Plus loin, les hommes vivent dans des redoutes et des villages fortifiés par de solides murailles de bois. Les rivières sont ici vives et rocailleuses, et des cavernes criblent les vastes collines. Maintes grottes logent des félins des terres septentrionales, ou des meutes de loups géants. On y a trouvé des os de géants et des murs peints, témoins d’une présence humaine en une époque lointaine. Un système de grottes souterraines, d’une profondeur de cent lieues, est si vaste et profond que des légendes y voient l’entrée des enfers.

Population estimée : Cent mille habitants.





Plus mystérieuse encore que Kandai’lik et Karar, leur sinistre sœur, la cité de Iorgo, qui loge sur les rives orientales de Tlanka, s’étend sur ses berges à la lisière septentrionale de cette grande et obscure forêt primitive qui lui doit son nom, la plus vaste de tout l’orient. Familièrement, et jusqu’en Issling, on appelle Iorgo « la ville des sorciers », car on se plait à croire que s’y pratiquent les arts obscurs. Ici, on parle pourtant bas de divination, de magie du sang et de nécromancie, bien que ces rumeurs soient quelques fois confirmées… Une vérité demeure, néanmoins. Le dieu protecteur de la cité, Seforii, exige de sanglants sacrifices. Veaux, bœufs et chevaux sont les animaux le plus souvent conduits devant ses autels, mais les jours sacrés, des condamnés passent sous le couteau des prêtres encapuchonnés, et il est écrit que, en temps de danger et de crise, les nobles offrent leurs propres enfants pour que le dieu s’apaise et défende la ville. Les forêts aux alentours de Iorgo constituent sa principale richesse. Les premiers colons furent d’ailleurs des bûcherons, révèlent les archives de la ville ; à ce jour encore, c’est comme chasseurs et forestiers que les Iorgonautes sont surtout réputés. Les fastueuses cités tentaculaires tlankaines ont depuis longtemps abattu, épuisé et labouré leurs propres forêts pour installer champs et fermes. Chaque jour, d’énormes barges, chargées de troncs, quittent les quais de Iorgo et descendent les fleuves tlankains vers les lacs et marchés de Serways, Lagabal et Utzu. La forêt Iorgonaute fournit aussi des peaux et fourrures de toutes sortes, souvent rares, colorées, très prisées, et de l’argent, de l’étain et de l’ambre. On n’a jamais exploré toute son immensité, et elle doit probablement recelé en son cœur nombre de mystères. En outre, les artisans Iorgonautes sont réputés fort loin. Leurs tapisseries, ouvrages de femmes et d’enfants surtout, sont aussi célèbres que celles de Serways, et bien moins coûteuses. On peut acheter sur les marchés de la ville de fines sculptures sur bois, tandis que les forges de la ville n’ont pas d’égales en orient. Les épées, poignards et armures iorgonautes surpassent l’acier oriental. Les forgerons de la ville maîtrisent aussi l’art de doter les métaux qu’ils travaillent de formules et d’enchantements divers, créant armes et armures d’une remarquable longévité. L’art de retravailler les armes antiques n’a été préservé qu’ici, et ce secret est jalousement gardé. On connaît également cette cité pour être le carrefour commercial de l’orient, où se forment et se ravitaillent les navires – et les nombreuses caravanes depuis les comptoirs appartenant à la ville. A l’inverse, les caravanes venues de l’extrême-orient font escale à Iorgo, après la traversée, pour se rafraîchir, vendre et échanger les biens et artefacts qu’elles ont acquis. Ces échanges ont fait de Iorgo une des plus riches cités libres et sûrement la plus exotique, quoique dit-on que la ville était dix fois plus riche avant l’ère des princes inreliths…

Population estimée : Quatre cent mille habitants.
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Re: ¤ Tlanka, et ses cités libres

le Dim 7 Jan - 23:18
Les trois cités mentionnées ci-dessus, Kandai’lik, Iorgo et Karar, commercent peu avec l’occident. Il en va autrement ailleurs. Serways, Utzu et Lagabal sont toutes des villes côtières dotées de grands ports. Le commerce est leur sang, et leurs navires voyagent jusqu’aux extrémités de la terre, d’Hassling jusqu’au Dai Yamato. Chacune de ces cités possède ses coutumes et son histoire. Ses dieux, aussi – bien que les seigneurs-prêtres soient partout et exercent un pouvoir considérable. Nombreuses ont été leurs rivalités au cours des siècles, et le contenu de leurs querelles remplirait des volumes. Ces trois villes revendiquant Sidyultua, une région que l’on baptise « le grenier à blé de l’orient », leurs disputes sans fins pour sa possession ont souvent réussi à impliquer les princes sarozaar, zeng hi et valysiens. La ville fortifiée de Serways se tient sur une montagne située au nord de Tlanka, un territoire abandonné par les Sarozaar à cause des raids incessants des Temûriens. Utzu se dresse au sud, sur un chapelet de grands plateaux entourés de pics rocheux surnommés « les tragiques ». Lagabal, quant à elle, s’étend sur une vaste partie du sous-continent. Les trois cités revendiquent également les terres qui les séparent, qui témoignent d’ailleurs de la virulence des batailles pour leur possession comme l’attestent la présence d’ossements, de chars et de lames plantées dans le sol. A ce propos, toutes les tentatives de fixer des frontières stables aux domaines de Serways, d’Urzu et de Lagabal ont connu l’échec, et d’innombrables guerres ont été livrées pour leurs conquêtes.

Par l’histoire, la culture, les coutumes, la langue et la religion, ces trois villes ont plus en commun entre elles qu’avec n’importe quelle autre cité libre. Villes marchandes, protégées par de hauts murs et des épées-louées, régies par la richesse plutôt que la naissance, elles considèrent le commerce comme une profession honorable, contrairement aux métiers des armes. Urzu et Serways sont dirigés par une oligarchie des familles des notables locaux ; Lagabal par un conseil de cinq cent. Les trois villes sont esclavagistes, et les serfs y sont trois fois plus nombreux que les hommes-libres. Toutes sont des ports, car la mer est leur sang. Elles n’ont aucune foi établie. Temples et sanctuaires dédiés à des dieux divers bordent les rues et se pressent sur le front de mer. Cependant, leurs rivalités ont des racines anciennes, suscitant des inimitiés profondes qui les maintiennent divisées et souvent en guerre, depuis des siècles, au profit des seigneurs et rois étrangers pour qui l’union de ces trois grandes cités formerait un redoutable voisin. Cette chimère a pourtant été prouvée au dixième siècle, lorsqu’une coalition de ces trois cités eût défait Iorgo lors de la bataille d’Izdal. Se jurant amitié éternelle, elles fondirent une fédération, « l’union des trois sœurs ». La fédération débuta avec l’objectif désigné de nettoyer leurs côtes des pirates et des corsaires. Ce qui fut d’abord vu d’un œil favorable par le sultanat de Yûrai et ailleurs, car les pirates nuisaient au commerce, fut bientôt déconsidérée par la hausse décrétée des droits de passage sur les îles et les forteresses nouvellement acquises, lesquels devinrent très vite exorbitants. Rapidement, leur rapacité rivalisa avec celle des pirates, surtout lorsque les Serwaysiens exigèrent de beaux jeunes gens en guise de tribut. Un temps, l’union des trois sœurs se vit dépassée par la puissance d’Andrei Hakaiev et du prince sarozaar Cyrus Ashurdanial, et perdit une grande partie du Sidyultua, mais ces étrangers furent bientôt distraits par leurs propres querelles, et les trois cités réaffirmèrent leur pouvoir, avant de tomber, victimes de conflits internes après l’assassinat d’un maître de guerre valysien par un rival lui disputant les faveurs d’une célèbre courtisane, la Dame Noire – qui parvint à régner sur Serways en tout, sauf en titre. L’alliance concurrente de Kandai’lik, Karar et Iorgo contribua à la fin du royaume des Trois Sœurs.




Baignée de brises fraiches, chauffée par le soleil sur une terre fertile où poussent à profusion palmiers et arbres fruitiers, entourées d’eaux aux vives couleurs émeraudes, « La belle Serways » fut fondée à l’origine comme un havre paradisiaque pour que les seigneurs inrelith puissent se rafraichir, se divertir avec des vins fins, de douces jouvencelles et des musiques apaisantes avant de se plonger dans leurs luttes fratricides. A ce jour, Serways demeure « un régal pour les sens, et un baume pour l’âme », quoique certains osent la comparer à un bordel de luxe. Cette image n’est pourtant pas dénuée de fondements. Ses maisons de plaisir sont, à plus d’un titre, réputées dans le monde entier.

Population estimée : Cent cinquante mille habitants.




Utzu, ville aux dehors austères, fut au commencement un simple avant-poste militaire, comme le prouvent ses murs intérieurs en pierre noire fondue. Selon les archives sarozaar, il devait d’abord contrôler le trafic naval tlankain, mais on découvrit peu après dans les eaux d’une île où se dressait une forteresse un type unique de pieuvres. Elles secrétaient une substance qui, convenablement raffinée, offrait une drogue qui corrompt l’esprit de ses consommateurs pour leur imprimer une docilité accommodante. Comme on ne trouvait ces pieuvres nulle part ailleurs, des milliers de marchands peu scrupuleux accoururent à Utzu ; en l’espace d’une génération, l’avant-poste devint une grande ville attirant toutes sortes d’individus vils et malfamés.

Population estimée : Deux-cent mille habitants.




Les origines de Lagabal sont plus obscures. Les chroniqueurs prétendent que les Lagabaliens s’apparentent aux Sarozaar, car beaucoup arborent un teint olive et de noirs cheveux ; sans doute est-ce faux. Des preuves indiquent une ville, bâtie par un peuple ancien disparu, existait déjà sur l’actuel site de Lagabal au crépuscule du cinquième siècle. Lagabal aurait été ainsi fondée par un groupe de commerçants sarozaar aventureux sur l’emplacement d’une cité fortifiée par les antiques Rylwardas. Depuis, le négoce est la raison d’être de Lagabal, et ses navires sillonnent les eaux tlankaines depuis des siècles. Ses artisans, souvent nés esclaves, sont réputés ; les orfèvreries lagabaliennes valent leur pesant d’or, dit-on, et ses lentilles optiques n’ont point leurs égales.

Population estimée : Cent cinquante mille habitants.




Les objectifs que poursuivent ces trois cités sont purement mercantiles. Elles possèdent de vastes flottes de commerce qui parcourent le monde entier, et sont toutes impliquées dans la traite des esclaves. Les esclavagistes utzurii, en particulier, remontent souvent les fleuves sarozaar pour capturer des germains, tandis que les Serwaysiens recherchent avec une notoire rapacité de jolis garçons et filles pour les célèbres maisons de plaisir de leur ville. Il y eût bien trop de guerres, trêves, alliances, trahisons entre Lagabal, Utzu et Serways pour les conter ici. Maints conflits furent des « guerres commerciales », livrées uniquement en mer, où les navires ont licence d’attaquer ceux de l’ennemi. Dans une guerre commerciale, seuls les équipages des navires belligérants risquaient la mort ou le pillage ; les villes n’étaient jamais menacées, et aucune bataille ne se livrait sur terre.
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