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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Ven 23 Mar - 23:51
Hassling - Ozge

Le petit Emilien ne se détournait pas de sa curiosité exubérante. A dire vrai, il semblerait que la sympathie qui s'était nouée entre les deux jeunes gens reposait sur une ribambelle de fils tissés par la curiosité même. Quelle douce ironie de savoir que les deux peuples auxquels ils appartenaient se haissaient d'une haine noire depuis des millénaires ; mais la noble candeur de la jeunesse était pure, encore pure des vieilles rancoeurs qui animaient jadis les mânes encore vivantes de leurs ancêtres, dans un monde corrompu par les guerres raciales. En fait d'acrimonies ancestrales, le petit berger était un parfait ignorant.

- Comprend pas... Ozge... répéta-t-il en ayant pourtant décelé la signification des tatouages de la jeune fille, qui étaient une sorte de symbole d'un rite au passage adulte.

Emilien, souriant de cet air fin, s'empara d'une nouvelle feuille et d'un pinceau. Tout en jetant de temps à autre un regard scrutateur à son amie, il restait extrêmement concentré dans cet ouvrage, cette fois-ci.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Sam 24 Mar - 12:07
Althéa Keragoven

Althéa comprit parfaitement  l'ironie du chevalier. Elle n'avait pas remarquée que rien ne l'attendait pour son arrivée si ce n'était qu'un vent glacial ainsi qu'un lord désagréable, elle était trop focalisée sur ce qu'il se passerait dans le futur pour voir les choses présentes. Cependant, la proposition du chevalier Léo de rebrousser chemin n'était pas acceptable. Premièrement, parce qu'elle n'avait pas fait tout ce chemin dans le froid et l'obscurité pour ne constater que les marques d'une citadelle passée. Deuxièmement, car depuis son arrivée près de la citadelle, elle se sentait épiée de toutes parts.  Elle chercha du regard quelque chose qu'elle ne pouvait voir à cause de la nuit sombre. Lorsque Arsène fit une remarque sur à Léo, elle ne put s'empêcher de de laisser paraître un sourire ironique. "Je crois que je ne me tourmente pour rien" pensa-t-elle. Quand l'héritier ordonna la levée des herses, elle serra ses poings avant de lever sa tête vers les cieux en se demandant "Comment suis-je atterrie dans un lieu pareil?"
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Dim 25 Mar - 19:02
Le sens des mots d'Émilien correspondaient à l'état d'Ozgë qui les entendait : elle ne comprenait pas ce qui pouvait porter à confusion dans son dessin et pensa qu'il se referait sûrement au peu d'informations que la multitude de personnages barrés portaient, mais elle comprit une certaine volonté chez le berger de vouloir se remettre à dessiner et en jugea donc qu'il devait avoir plutôt bien assimilé le sens derrière les dessins de l'inrelith. Elle fut aussi plutôt surprise et impressionnée par l'imitation d'Émilien qui chercha à parler sa langue. Restant également curieuse, elle attendit patiemment qu'il finisse son dessin, levant quand même un peu la tête et le haut du corps pour tenter d'apercevoir ne serait-ce qu'un petit coup d’œil de ce qu'il avait commencé à dessiner.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 26 Mar - 14:07
[ Altezzia - Valesse ]

Les histoires d’antan ? Les comtes et légendes ? Oui Valesse a connus et connais toujours ça. C’était l’une de ses motivations pour apprendre à lire. Depuis que son père lui avait fait le récit de son ancêtre Kaelus , qui l’avait épaté, il le fit languir en lui disant que la bibliothèque regorgeait de ce même genre de prouesse. Autrement il y avait l’es enseignement de son oncle qui s’apparentait à des revit d’exploit des anciens tauliers du Forte Altezzi. Bien qu’il aimait les engendres, Valesse avait du mal à s’apparenter à eux. Il les plaçait dans une autre sphère bien plus éloigné du monde plat dans lequel il devrait servir et seconder son frère aîné. À vrai dire, le jeune homme ne voulais pas réitérer les événements passé lors de ses heures passé au fort. Mis à l’écart par les autres élève, sa naissance ne lui laisse pas le choix que des remarques et des murmures acerbes. La jeunesse entière de Altezzia voulant se jauger, humilier ou impressionner en l’affrontant, même avec une demi dizaine d’année de plus.
Il allait de nouveau devoir affronter ce genre de chose.

-C’est à moi d’agir, pas à mon tuteur. Pensa-t-il. J’ai deux bras, deux jambes et plus que cela, un nom. Il serait peut être déjà temps d’en faire légèrement usage. Valesse. Un aigle parmi la volaille. C’est ce qu’avait lancé Valrio avant de quitter définitivement le Forte. Le jeune homme fixa ses mains sur lesquels une flamme dansait d’une paume au l’autre. Qui dois je réellement suivre ? Se demanda une dernière fois Valesse.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Ven 30 Mar - 19:35
[Ozgë]

Le mois passa sans que la jeune femme ne s'en rendre réellement compte. Un mois qu'elle avait quitté son village et qu'elle s'était élancée dans l'inconnu. Un mois qu'elle s'était arrêtée dans ce village ou avait commencé sa découverte des "Autres". Les débuts ne s'étaient pas révélés bien facile, mais au fil des jours, après chaque rencontre et mots échangés, ce qu'on pourrait appeler un quotidien s'installa lentement ...

Les idées préconçues des étrangers qu'Ozgë possédait avant de s'élancer dans cette aventure se révélèrent toutes fausses. Non, elle n'avait pas rencontré des gens qui, comprenant ses origines, auraient décidé de sortir fourches et torches et de la pendre sur la place de village. Elle rencontra au contraire cette formidable communauté de paysans qui réagissaient plus avec curiosité qu'avec peur et ignorance. La plupart d'entre eux vivaient tranquillement dans leur labeur et étaient sans histoires. Au final, qu'Ozgë soit là ou non, qu'elle soit inrelith, sarozaar ou selvyenne, ils s'en préoccupaient peu. Elle aurait pu ne jamais venir que leur quotidien n'aurait subit aucun changement.

Avec cette certaine crainte désormais rangée de côté, se réservant un retour une fois qu'Ozgë fasse à nouveau rencontre avec l'inconnu, elle put apprécier d'avantage le temps qu'elle passa au sein de ce village. Désireuse de ne pas passer pour une parasite profitant d'une sorte de mois sabbatique, la jeune femme ne resta pas inactive ou à regarder les autres travailler. Elle mit elle même les mains à la pâte, découvrant ainsi le quotidien de ces hommes et femmes qui lui apparurent bien braves et diligents. Ainsi, la chasse cessa d'être pour elle l'occupation qu'elle trouvait la plus éreintante même si elle vint à la pratiquer à nouveau dans les forêts voisines. Elle y chassa même plusieurs bêtes et érigea la viande et les peaux qu'elle amassa en une véritable offrande pour ses généreux hôtes.

Mais c'est auprès d'Émilien qu'elle passa le plus de temps à apprendre et durant la première semaine, elle fut quasiment collée à lui. L'aidant dans son travail, surveillant les moutons à ses côtés ou s'assurant qu'ils ne se séparent pas du troupeau et qu'ils aillent bien à l'abreuvoir, c'est ce genre de moment qui se gravèrent particulièrement dans son cœur. En effet, brièvement, cette sorte de lien créé par la curiosité et la fascination forgea rapidement une vraie amitié qui se renforça par des rires et des bons moments. Le soir venu, quand ils se retrouvaient dans l'abri et la chaleur de la chaumière, Émilien et Ozgë échangeaient alors leurs savoirs sur leur langue. Comparable à un enfant en bas âge, elle passa ses premières heures d'étude du Selvyen à répéter bêtement et sans comprendre les mots du garçon.
Elle possédait une prononciation très convenable mais un accent fort s'imprégnait dans ses phrases. Une certaine similitude entre les deux langages fini par faire lentement comprendre à l'aventurière les discours vides de sens dans son esprit qu'elle répétait. Avec un exercice similaire chaque soir, se concentrant à bien mimer, les mots finirent par être plus clairs et obtinrent du sens. Bientôt, elle savait les utiliser dans leurs propres contextes et comment les manipuler. Ce n'était bien sûr que des bases et cela était bien loin d'être un Selvyen parfait, mais au moins parvint elle à impressionner les autres paysans qui étaient les premiers à découvrir ses prouesses linguistiques.

Peu de temps avant que l'inrelith ne parte, elle décida de se faire rencontrer le petit berger et Asuna, la grande louve grise, sa compagnonne de toujours. Émilien sembla impressionné par l'imposante taille de la louve mais ne prit pas peur et ne flancha pas d'un centimètre en voyant se dégager de la brume le majestueux animal. Il finit même par s'en approcher en réalisant l'absence d'hostilité de l'invocation. Cette dernière regarda longuement l'enfant approcher sans réagir, avant de reculer d'un pas et de se coucher afin de se retrouver à peu près à sa taille. Ozgë vit alors pour la première fois une personne autre qu'elle parvenir à avoir la confiance d'Asuna et aller même jusqu'à poser sa main sur sa tête. La louve répondit au toucher en fermant les yeux et en frottant le pelage de son front contre les doigts du garçon. Ensemble, ils jouèrent jusqu'à très tard dans la soirée, jusqu'à ce que l'enfant ne finisse par se rendre face à la fatigue. Ozgë fit de même. La route l'attendait demain.

Tôt le matin, elle se réveilla comme d'habitude, se redressant doucement de manière à se retrouver assise et à ne pas se brusquer dès le réveil. Reprenant ses esprits, elle se leva, laissant la couverture qui couvrait sa nudité jusque là tomber au sol avant de s'habiller en hâte avec ses vêtements lavés la veille et qui avaient pu sécher durant la nuit. Finissant de préparer ses affaires, elle s'assura de n'avoir rien oublié en vérifiant sa gibecière et son contenu. Fruits, viande séchée, pain, de quoi tenir trois bons jours au moins. Sa gourde attachée à sa ceinture était également remplie et prête à étancher sa soif. Elle s'habilla ensuite, enfilant ses vêtements lavés la veille tout comme son manteau. Il lui manquait seulement une chose : dire adieu à son ami selvyen. Elle n'aurait jamais osé partir sans lui dire au revoir.

[Jan]

Le son des tranchantes haches s'abattant sur l'écorce et des chants en accord avec le rythme des coups donnés emplissait la large forêt de pins. Une vingtaine d'hommes s'attelait à la dure tâche qu'il leur avait été donnée. Défricher des dizaines d'hectares de forêt n'était pas une chose simple avec un effectif aussi réduit, mais en l'espace d'une semaine la bande de brave gaillards avait réussi à faire la moitié du travail demandé sans subir d'accidents et toujours avec la même efficacité.

Entre plusieurs slaves passaient les longs fûts de pins qui avaient déjà été coupés et qui se déplaçait vers une zone précise où se formait des tas d'arbres en forme de triangles et où d'autres petits serviteurs de bois se chargeaient de retirer les branches et feuillages. Une personne non-habituée de la manière de fonctionner de cette "compagnie" de bûcherons pourrait penser que les arbres lévitaient. Les autres, étant habitués de travailler avec ce contremaître, voyaient directement sous les fûts les dizaines de petits bonhommes animés faire simplement leur travail, un travail bien fluide, un travail bien fait.

Plus loin, sur une table de fortune qui était en réalité le tronc de ce qui était autre fois un très vieux et grand arbre, se trouvaient plusieurs outils : crayons, compas, posés sur une carte approximative de la région environnante. Jan l'observait attentivement, faisant des tracés en fonction de la tâche qui lui avait été confiée. La semaine fut bien éprouvante, mais c'était un réel défi qui ne se vit pas refuser. Tournant le visage derrière lui pendant un instant, il s'accorda une petite pause pour contempler ce qui avait déjà été réalisé. Des troncs étaient répandus à perte de vue, et d'autres ouvriers commençaient déjà à les retirer pour préparer ensuite le travail de retournement de la terre. Une grande ferme allait pouvoir être établie ici.

Se reconcentrant sur sa "table", il regarda la petite fille qui y était assise dessus, occupée à jouer avec des petits bonhommes de bois créés par Jan qui n'avaient pour l'instant pas de travail à faire. Il souffla du nez tout en déplaçant son regard sur la carte une fois de plus.

- Je croyais que tu voulais voir mon travail. C'était une excuse pour jouer avec eux Milena ?

L'enfant s'arrêta soudainement, un peu gênée, regardant le contremaître avec la volonté de se justifier.

- Ce n'est pas ça tonton ! C'est juste que ... C'est pas très rigolo de regarder des bûcherons travailler ...

- Ne t'embête pas à trouver des excuses, je comprends. Moi aussi j'aurais voulu m'amuser avec eux si j'étais à ta place, fit-il en pointant du visage la bande de dizaine de figurines qui se trouvaient autour de sa nièce.

Le bruit de roues de charrette se fit alors entendre et au loin arrivèrent la dizaine de véhicules responsables. Jan leva la tête et constata enfin à quel point le temps était passé vite et que le soleil fatigué de sa course se mettait déjà en route pour son lit et qu'une bonne partie du chemin avait déjà été entamée. Ralliant ses hommes, il leur fit prendre congé tandis que le bois était chargé par ses petits serviteurs de bois à bord des charrettes. Seuls étaient restés sa nièce et le "Scribe", surnom que l'on donnait au seul bûcheron qui savait bien compter et qui s'était proposé pour aider Jan dans cette matière là. Le slave ne comprenait pas vraiment les savoirs des mathématiques mais en possédait quand même les bases et pouvait comprendre la signification des barres dessinées sur la feuille, regroupées dans des catégories "Château" et "Village". Un problème le fit froncer des yeux.

- Budek, tu as mis combien de fûts pour le comte ?

L'intendant recompta rapidement ce qui était écrit sur son papier et hocha la tête.

- Aujourd'hui on a descendu 84 grands pins et 204 bouleaux et chênes, ça fait ... 216 arbres pour le château et 72 pour le village ... Ouais, c'est ça.

- Change, on a de nouvelles consignes. On a plus que un arbre sur cinq maintenant.

Le Scribe fronça les sourcils en regardant Jan. D'autres réglementations plus dures qui ne devaient pas lui plaire à lui non plus. Tandis que ses créations chargeaient le bois à bord des charrettes, Jan posa sa main sur l'épaule de son camarade, hochant de la tête d'un air concerné par rapport au même sujet qui devait les embêter tous les deux, et lui donna également congé. Rangeant ses cartes et crayons dans sa sacoche, une petite main vint lui tirer la manche et la voix de sa nièce le sortit de ses pensées.

- On rentre tonton ?

Jan la regarda, fixant longuement son visage, l'air pensif, avant de finir par sourire en ébouriffant les cheveux de la jeune enfant.

- Oui Mil', on rentre.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Dim 1 Avr - 7:54
Kienkursk, Tel Vatraen | Saada

A l'Est de Tel Vatraen, gigantesque étendue faisant office de pays pour le peuple des Valysiens, s'illustre la région de Kienkursk. Une région ayant la taille d'un État, mais le développement d'une campagne. Un territoire avec un niveau de vie assez sauvage, très excentré de la vie mondaine de la capitale, mais dont la nature assez bien préservée fait le charme. Les hautes montagnes, les verdures, des maisons mal alignées mais construites avec une esthétique des plus fines grâce à un dur labeur... Un endroit possédant toutes les qualités pour être le lieu d'exil parfait. Cependant, le peu d'attention qui est porté à la région fait d'elle un endroit totalement rongée par le banditisme et la rapine. Le semblant de stabilité qu'il y a est maintenu par la famille régnante de la région, les Kanaan, qui habitent le chef-lieu de cette dernière : Zhiour. Si la région est assez désertique, la densité de Zhiour peut choquer la première fois. La vallée principale, qui mène au grand manoir des chefs de la région, est constamment bloquée par la population.

Dans la foule, une femme se déplaçait. Blonde, un mètre soixante-quinze, elle se faufilait entre les civils qui lui souriaient tous, lui faisaient l'éloge, bien qu'elle ne daignait pas leur donner un regard. Cette fille, c'était Saada Kanaan, fille de Khalid Kanaan, chef de Kienkursk. Elle est paladin et colonel du régiment Piton, une armée de 3500 soldats. Ayant eu droit à un congé, elle se rendait chez elle pour un repos qui lui était nécessaire si elle ne voulait pas s'écrouler de surmenage. Elle poussa alors la grande porte du manoir, salua avec nonchalance les larbins qui entretenaient la maison, et se dirigea directement vers ses chambres. Sur la route, elle croisa sa petite sœur, Amira, qui l'arrêta avec un grand sourire, stupéfaite.

- Saada ! Ca fait longtemps, tu as eu une permission ? Je suis si heureuse de te revoir après tous ces mois ! Comment vas-tu ? Lança l'adolescente, enthousiaste.

La militaire baissa la tête pour pouvoir regarder sa cadette dans les yeux, avant de poser une main sur son épaule.

- Ça va. Répondit Saada, froidement.

Elle décala doucement Amira sur le côté, avant de continuer sa route, laissant cette dernière plantée debout, le sourire s'évaporant lentement. Elle entra alors dans la pièce lui étant dédiée, retira ses grandes bottes, ses armures, ses équipements, et s'écroula dans son pieux. Elle attrapa un livre abandonné sur son coussin, et se mit à le lire.

« […] Par conséquent, la lutte doit être menée par des moyens « légaux » aussi longtemps que le pouvoir déclinant s'en sert ; mais on ne doit pas hésiter à recourir à des moyens illégaux, si l'oppresseur, lui aussi, les emploie. Mais, en généra... »

Une voix d'homme lourde et virile se présenta soudainement à l’extérieur de la chambre, tandis que la main appartenant à l'homme tapait contre la porte.

- Saada.
- Quoi ? Répondit la jeune femme, en soufflant.
- Ouvre.

Saada se leva alors, en murmurant tout bas à elle-même « Je me souviens pourquoi je l'ai laissé pourrir ici, ce livre. Ces reyksaviens, sérieux, sont vraiment simple d'esprit et blablate des banalités sans nom. Enfin...»

- Oui ? Dit-elle en ouvrant la porte.
- Tu reviens à la maison, et tu ne viens même pas saluer tous les membres de ta famille ? Amira m'a prévenu de ta présence.
- Excuse-moi cher grand frère, c'est vrai que je viens toujours vous faire de gros bisous quand je reviens. Lança-t-elle sur un ton on ne peut plus ironique.
- Justement, tu devrais. Respecte-moi, premièrement, car je suis ton aîné. Ensuite, respecte tes parents, ils t'ont enfanté, ingrate.
- Ne t'inquiète pas, je vous respecte tous. Juste un peu moins toi. Enfin bref.

Elle outrepassa son frère, Tariq, qui soupira de nerf, en le poussant de l'épaule au passage, et se dirigea vers la pièce principale où se trouvait sa mère.

- Marhaba, maman.
- Ma fille ! Tu m'as manquée ! Viens me faire un câlin. Hurla l'épouse de Khalid, des larmes de joie au visage.

Saada s'approcha de sa mère et lui fit l'étreinte, en faisant des mouvements verticale avec sa main dans son dos.

- Tu sais, Saada, ton père vient de partir. Il est, encore une fois, mécontent que tu ne viennes pas le saluer quand tu rentres.
- Il devrait comprendre que je suis fatiguée, non ?
- Oui, c'est ce que je lui ai dis, mais tu le connais. Tu pourrais tout de même faire un effort.
- C'est ce que je fais là, maman.
- Roh! Tu es désagréable!
- Pardon. Fit-elle en riant. Je t'aime, tu le sais hein ?
- Arrête, tu vas me rendre émotive.
- Tu pleures déjà, maman. Il faut que tu règles ce problème, à chaque fois que je reviens c'est la même chose.

La mère de famille ria.

- Et alors ? Je n'ai pas le droit d'être heureuse ?
- Je n'ai pas dis le contraire.
- Dans ce cas, il serait plaisant que tu te taises. Ordonna-t-elle en souriant. Viens, je vais te préparer quelque chose à manger, tu dois avoir faim.

Elle attrapa sa fille par le bras, et toutes deux se dirigèrent vers la cuisine. Elles prirent le temps de discuter, de se raconter leurs histoires, faire un peu les commères entre mère et fille, et vint le temps pour Saada de sortir. Elle voulait prendre un peu l'air, élément qui lui manquait pas mal. Toutefois, elle insista pour sortir seule, afin de pouvoir profiter d'une liberté d'action. Elle poussa alors la porte principale, et mit les pieds à l’extérieur.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Dim 1 Avr - 20:59
Analepse


l'Orient valysien - Vali Yuri

Le vendeur apprécia la proposition que fit Yuri, celle-ci lui permettant peut-être de manger autre chose que de la soupe pour ce midi. Affichant un sourire en signe de gratitude, il lui tendit donc les trois journaux, ainsi qu'il était convenu selon ladite proposition, et le guida ensuite vers le Straltsa, le bureau où se réunissaient les chasseurs de têtes pour trouver leurs contrats. 

http://myreader.toile-libre.org/JournalEdition452.pdf


Dernière édition par Templar le Dim 1 Avr - 23:15, édité 1 fois
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Dim 1 Avr - 22:24
[Yuri] [Valysie (Est)]


D'un geste rapide, Yuri rangea deux journaux dans son sac avant de reporter son attention sur le dernier, tout en suivant son vendeur d'un pas tranquille. De temps en temps, il levait les yeux pour considérer la route avant de replonger dans sa lecture. Les premiers articles le rendirent nerveux: il découvrait graduellement l'étendue de la violence qui régnait sur l'Est. Les villages où il avait grandi étaient des sociétés à part, où tout le monde se connaissait, où tout était réglé avec minutie. Voler? C'était rare. Mais tuer... ça, jamais. Ainsi, le journal était comme pour lui une œuvre de fiction. Mais l'article sur le Mage pendu lui glaça le sang, un brusque rappel à la réalité. Il le lut encore et encore. Une grosse araignée noire. Sa respiration devenait saccadée. Briser le cou de quelqu'un. Les images effroyables du matin défilèrent dans son esprit. Ce rire hideux. Il dut fermer le journal et reprendre son souffle, demandant au vendeur de s'arrêter, un instant.
- C'était lui, pensait-il alors que des gouttes de sueur se formaient sous ses cheveux. Pas Krum, mais lui. Le nécromancien.
Il tourna le regard vers son sac, et songea à la bourse qu'il avait emporté. Il s'affola, et tenta de communiquer avec le condamné.
"J'ai pris l'argent parce qu'il était là, voyez, sondez mon âme, je ne vous maudis pas, je ne vous ai pas offensé... j'ai... j'en ai besoin, alors s'il vous plaît, laissez-moi le garder -- ou, si cela vous contrarie, envoyez un signe, et je comprendrai, et je jetterai l'argent."
Ils poursuivirent leur route: aucun signe ne vint. Yuri commençait à se calmer, mais restait troublé. Alors, il voulut lire un peu plus.
C'est avec étonnement qu'il vit le nom de Krum. Ses craintes s'éclipsèrent pendant un temps. Cet être qui s'était immiscé dans son esprit et qui s'y était logé, une véritable obsession, figurait dans les journaux le lendemain de leur rencontre.
- Ça alors...
Il se délectait de la description. Krum était ni plus ni moins un héros épique. Vagabond, survivant, guerrier... tant de qualificatifs auxquels le jeune garçon avait immédiatement songé dès le premier regard. Et si mystérieux!
Yuri devait le rencontrer, et plus rien ne pouvait plus le dissuader. Oubliant le mage et toute la crainte qu'il aspirait, il ne songeait qu'à Krum, voulait tout savoir sur lui.
Il interpella le vendeur.
- Monsieur, que sont les grands Kozyr?


Dernière édition par Nightwing le Dim 1 Avr - 23:47, édité 1 fois
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Dim 1 Avr - 22:46
Zienkursk, Tel Vatraen - Kanaan Saada


En ouvrant la porte qui donnait vers le seuil du palais du Khnyaz, la demoiselle eut droit à l'horizon sanglant qu'offrait la mort du soleil d'orient, celui-là même qui se levait dès lors vers le vieil occident dans un éternel cycle de renaissance, et qui était le créateur de ce culte lointain du Soleil Invaincu, que les Occidentaux vénéraient avec la foi d'un mystique fanatisme. Immortelle, Saada ne pouvait que songer au long chemin qui était le sien dans ce monde éphémère demeure des mortels, tenu sous la surveillance presque infaillible de ce soleil rouge, legs du Créateur à ses créatures infortunées, ses fils de l'Homme lors de ce dur labeur que leur rude existence. 

A sa droite, de son piédestal, se distinguaient des installations portuaires, un fouillis de jetées, de quais bourrés de baleiniers pansus provenant des îles de l'Océan d'Urn, de fines frégates venus du Zengghuo, de plus de galères que l'on pourrait le dénombrer. Elle put y discerner un port similaire, distant, sur sa gauche, au-delà d'un promontoire rocheux dont le naufrage ne se repérait que grâce à des bâtiments à demi-noyés dont le faîte émergeait encore au-dessus des flots.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 0:23
Analepse



l'Orient valysien - Vali Yuri


- Si mes souvenirs sont bons, les Kozyr, au nombre de cinq, défendaient un idéal noble : préserver le peuple des excès commis par les nobles et rendre l'argent à ceux qui en avaient le plus besoin. Ils ont tué beaucoup de malfrats ici mais apparemment, leur groupe a éclaté. Il y avait Vikus, Vegaudas, Miroslav, Borya et Krum. Sauf Vikus et Borya, ce sont tous des Iazaroi, des bâtards nés de l'union d'un père valysien et d'une mère slave. Pour me poser cette question, vous ne devez pas d'être ici. Je me trompe, monsieur ? demanda le vendeur de journaux, dont l'élocution trahissait de nombreuses années passées à l'école publique.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 0:56
Hassling - Ozge


Le petit berger avait fort apprécié ce mois qu'il eût passé en compagnie de celle que l'on surnommait à présent « La petite Sauvage » ou « La louve » en raison de son allure, de sa démarche souple et agile, et de son accent guttural, sec et hâché que l'on prêtait à la prononciation de ses mots. Si les anciens du village l'avaient mis en garde contre le danger que représentaient ses semblables, Emilien en avait fait abstraction. Il voulait voir Ozge en tant qu'être humain et non comme un nuisible à chasser, sinon à éliminer. Plus que tout au monde, il n'aurait pas voulu qu'elle soit rejetée, à l'image du mouton noir de son troupeau. Elle fut ainsi accueillie et traitée comme une égale par tous, à son grand bonheur. Beaucoup de villageois s'interrogèrent sur les raisons qui poussèrent cet enfant au demeurant vif, autoritaire et méfiant, qui avait assisté de surcroît au meurtre sauvage de son père et au viol de sa mère par des pirates ben-huriens dans des conditions effroyables, à faire preuve d'une telle gentillesse à l'égard de la Louve, une Inrelith, et conclurent que « le petit berger » voulait une grande soeur. Lorsqu'on le leur rapporta que la créature d'Ozge ne lui avait pas montré d'hostilité, sinon une pure sympathie, les langues se délièrent. Les plus ignorants crurent dur comme fer que le petit Emilien devait être un métisse, un cousin éloigné d'Ozge. Tous se turent naturellement. Ils ne voulaient pas provoquer la colère de celle qu'ils avaient appris à apprécier, et qui les avaient si généreusement récompensés en viandes.

- Bonjour, Ozge, salua l'enfant en Inrelith, se rendant comme convenu aux portes du village.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 14:34
[Yuri] [Valysie (Est)]


Yuri relisait le paragraphe dédié à Krum en écoutant l'explication, très attentif et intrigué. Krum était apparu comme un homme de principes dès lors qu'il avait menacé Wladimir, mais le garçon n'aurait jamais imaginé un tel passé.
Alors qu'il redevenait lucide et se rappelait où il se dirigeait, un élément lui revint en tête et le perturbait. Alors, en ignorant la question qui lui avait été posée par le vendeur de journaux, il demanda:
- Pourquoi Krum est-il devenu un chasseur de têtes? Je veux dire: ça ne va pas à l'encontre de ce qu'il défendait?
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 16:14
[Hassling - Ozgë]

- Bonjour Émilien, se contenta-t-elle de répondre dans la même langue.

Regardant au loin vers l'horizon le chemin qu'elle s’apprêtait à emprunter, Ozgë resta pensive un court instant en repensant aux grandes lignes du mois qui venait de se dérouler ici et à ce qui allait l'attendre désormais. Réalisant qu'elle commençait à s'attacher à l'endroit, elle se convainc il y a quelques nuits de la nécessité de reprendre la route si elle ne voulait pas que son aventure s'achève après si peu de temps sans être allée si loin. Pour sûr, elle était allée plus loin que tous ses compagnons de jeu n'iront jamais, mais ça restait insuffisant. Tant de chose l'attendaient encore, peut-être aussi merveilleuses que les quatre semaines qu'elle passa ici.

Elle s'approcha alors de l'enfant, se penchant légèrement en pliant les jambes de manière à être à la même taille que lui. Ozgë le regardant un autre instant sans que les mots ne lui vienne, faisant partie de ces personnes peu douées quand il s'agit d'adresser un adieu comme le prouva sa véritable fuite un mois auparavant. Poussant un léger soupir, elle finit par laisser un maigre sourire se dessiner sur ses lèvres et éclairer son visage.

- Ton accent s'améliore. Bientôt, on ne pourra plus différencier tes mots de ceux d'un Inrelith.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 22:40
Kienkursk, Tel Vatraen | Saada

La blonde jeta un oeil sur sa droite, très bref, afin d'observer les marins qui se préparaient à rentrer chez eux après une longue journée de labeur. Elle se tourna alors dans la direction opposée et se mit à marcher d'un pas sûr, influencé par les militaires, presque masculin, vers les bâtiments à moitié submergés, en repensant aux marins qu'elle estimait sous-payés. Leur travail journalier pour importer et exporter des produits étaient bien trop peu récompensés. Si on leur tendait de meilleures carottes au bout de la canne à pêche, peut-être se démeneraient-ils encore mieux pour l'attraper. Enfin, elle arriva au bord de la flotte, et fit un premier bond pour arriver sur le toit d'un des bâtiments, puis un deuxieme pour en atteindre un plus éloigné. Elle s'assit alors en tailleur, et commença a regarder vers l'horizon, profitant de ce coucher de soleil qui se revelait etre un merveilleux appui pour la méditation.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 23:00
Hassling - Ozge

- Merci, tu me flattes, Ozge. C'est donc aujourd'hui que tu pars... dit Emilien d'un ton chagrin. Tu crois que tu reviendras un jour, ici ? Moi, j'aimerais vraiment que tu restes. Le monde est dangereux, surtout les côtes. Tu ne sais pas de quoi il est fait. Reste, s'il te plait. Je te donnerais quelques moutons, quelques brebis, et comme le rabâche ma mère, on continuera à te donner le gîte et le couvert autant que tu veux. J'insisterais si elle veut que tu partes. L'hiver arrive bientôt, Ozge.

Au vu du rythme effréné avec lequel le petit garçon s'employait à convaincre la jeune femme, on devinait que celui-ci était désemparé. Hélas, il devait, au plus profond de lui, accepter l'évidence ; mais il n'en avait pas l'envie. Il se saisit des mains d'Ozge.

- Tu dis que tu es une louve mais une louve vit avec sa meute. Alors il faut que tu restes.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 23:08
Analepse


l'Orient valysien - Vali Yuri

- Vous devez être un étranger, conclut l'homme, maussade. La plupart des personnes recherchées par le Straltsa sont des criminels endurcis, tenus responsables d'atrocités. Car nous faisons face en ces lieux à un banditisme de plus en plus organisé, nous avons besoin que tous les hommes forts se mobilisent pour extirper le mal qui corrompt notre beau pays. Par conséquent, nous sommes trop heureux de pouvoir compter sur le talent de Krum Jarine, notamment au combat, afin de vaincre ce fléau. Pour répondre à votre question, monsieur, non, cela ne va pas à l'encontre de ce qu'il défend.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 23:31
Zienkursk, Tel Vatraen - Kanaan Saada

A mesure que le soleil mourrait au couchant, et que ses chaleureuses irisations cédaient leurs places à la froideur du crépuscule, Zienkoursk s'emmurait dans le silence. Les travailleurs recrus de labeur rentraient chez eux, les derniers navires quittaient les quais, les enfants de rues retrouvaient le chemin des orphelinats, les soldats rejoignaient leurs casernes, pour laisser place au monde de la nuit et ses interdits. C'étaient notamment durant ces heures que les hommes trompaient leurs femmes avec les putains qui exerçaient dans les nombreux bordels jonchant la capitale. Le voyageur peu avisé s'étonnerait de la tolérance que les classes dirigeantes accordaient à ces maisons de luxure, encore que ces dernières étaient fréquemment et abondamment fréquentées par ces derniers, et que celles-ci proposaient en outre une appréciable source de revenus supplémentaires que le goût du lucre des Valysiens n'oseraient point dédaigner. A présent, les lanternes étaient allumées. Autrement dit, les putains, dans le dessein de racoler quelques gueux trop avinés, ne marchaient qu'avec une démarche sonnante et trébuchante pour attirer un ou deux hommes dans les lits de leurs bordels, au grand bonheur des maqueraux et des maquerelles.


Dernière édition par Templar le Lun 2 Avr - 23:33, édité 1 fois
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Lun 2 Avr - 23:31
[Hassling - Ozgë]

Ses yeux se baissèrent vers ses mains et celles d'Émilien. Elle était persuadée que les choses se dérouleraient ainsi, qu'il parviendrait à la faire douter, à chambouler ses émotions et à lui procurer cette étrange sensation comme si sa gorge se serrait. Son sourire s'évapora et un air désolé vint le remplacer tandis qu'elle leva à nouveaux les yeux de manière à pouvoir regarder le jeune enfant.

- Emilien ...

Qu'importe l'identité de la divinité ayant permis à l'inrelith de rencontrer cette perle, elle la remerciait du fond du coeur. Ces adieux commencèrent à l'oppresser davantage, aussi dut elle se résoudre à lui répondre dans l'espoir d'avancer les choses.

- Il faut que j'y aille Émilien, tu le sais bien. Je t'ai déjà parlé de mon rêve plusieurs fois. Je ne peux pas vivre ma vie si le temps qui m'est imparti ne me sert par à le réaliser.

Ozgë leva légèrement ses mains tout en gardant celle d'Émilien dans sa paume, dans un geste solennel comme cherchant à rendre plus crédible ses prochains mots.

- Quand j'aurai vu les grands Hommes de Fer, quand j'aurai parlé avec toutes ces belles dames dans leurs magnifiques robes, quand j'aurai traversé toutes ces gigantesques cités et que j'aurai enfin atteint la grande mer, alors je reviendrai, et j'aurai plein d'histoires à te raconter. Je te le promets.

Sa voix était emplie d'une sincérité visant à camoufler son émotion mais elle était bien honnête. Elle ne mentirait pas à son jeune ami et ce dernier était trop futé pour être dupé.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Mar 3 Avr - 0:11
Hassling - Ozge

L'enfant buva les paroles de son amie, à qui il devait reconnaître des talents de conteuse. Un silence accueillit ses paroles. Emilien avait, semble-t-il, compris que les caprices ne suffiraient point à convaincre Ozge, et qu'il était vain d'assister. A chaque homme son choix, à chaque homme son destin, comme se plaisait à renâcler les vieux du village. Elle avait fait son choix qui déterminera son destin.

- Lorsque tu reviendras de ton grand voyage, j'espère que tu retourneras chez moi, avec ma mère. Comme ce mois-ci, on reformera cette famille. Tu auras des histoires à nous raconter, fit-il en affichant un sourire de façade, qui peinait à dissimuler la profonde tristesse qu'il ressentait dès lors.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Mar 3 Avr - 0:29
[Hassling - Ozgë]

- C'est une superbe idée, fit-elle sur un ton bienveillant en lui rendant son sourire.

Contemplant le visage de l'enfant, elle pouvait deviner la certaine peine qu'il devait ressentir. L'attachement qu'elle avait pour lui était visiblement réciproque et il devait être aussi attristé qu'elle. Dans un elan de compassion, elle le ramena tendrement vers elle avant de le prendre dans ses bras, l'enlaçant en espérant pouvoir lui donner un semblant de réconfort. Un geste valait plus qu'un mot.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Mar 3 Avr - 0:48
Hassling - Ozge

Ce moment de tendresse dura pendant quelques minutes, avant qu'Emilien, ayant compris qu'il était douloureux pour eux de s'appesantir, n'eut décidé de le rompre. Il murmura à l'oreille de son amie un « au revoir » dans sa langue natale puis s'éloigna, lentement, en enjambant les marches qui menaient vers son village. Au lointain, l'un des vieillards, qui accueillit Emilien, salua la jeune femme, lui souhaitant bonne espérance.

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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Mar 3 Avr - 0:52
Zienkursk, Tel Vatraen | Saada

Saada détestait la tombée de la pénombre, et pour cause, elle la trouvait plus bruyante que la journée. Les prostituées, les ivrognes, les bandits... toute la débauche et les vices de l'Homme étaient réunis lors de cette  période qui faisait croire à ce dernier que la liberté totale lui était donné: la nuit. Sa méditation perturbée, elle se leva, un peu de mauvaise humeur, et retourna dans les rues de Zhiour. Elle commença alors à se balader, à s'enfouir dans les rues moins fréquentées du chef-lieu de Zienkursk. Seulement, qui dit moins fréquentées, dit moins fréquentables, pour autant la Kanaan trouvait que ce calme, certes inquietant, était reposant. Parce que certes, ces rues étaient dangereuses, mais le calme dont elles faisaient l'objet était le plus important car la jeune femme était consciente, à tord ou à raison, que personne n'aurait le cran de s'en prendre à elle, ça sonnerait comme du suicide. Elle se posa alors sur un banc positionné sous un lampadaire, sortit un livre du sac à main qu'elle avait emportée, et commença à le feuilleter.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Mar 3 Avr - 1:27
Zienkursk, Tel Vatraen - Kanaan Saada

C’était une de ces soirées d’été où l’air manquait dans Zienkursk. La ville, chaude comme une étuve, paraissait suer dans la nuit étouffante. Les égouts soufflaient par leurs bouches de granit leurs haleines empestées, et les cuisines souterraines jetaient à la rue, par leurs fenêtres basses, les miasmes infâmes des eaux de vaisselle et des vieilles sauces. Tout cet attirail semblait attraire les sombres penchants de l'homme. Pres de la jeune femme qui lisait d'un oeil vague un quelconque ouvrage, une prostituée, vêtue d’une robe de cachemire bleu pâle qui dessinait bien sa taille souple et sa poitrine généreuse, fit place sous ledit lampadaire. La chair des bras et de la gorge sortait d’une mousse de dentelle blanche dont étaient garnis le corsage et les courtes manches ; et ses cheveux, relevés au sommet de la tête, frisant un peu sur la nuque, faisaient un léger nuage de duvet blond au-dessus du cou. Elle avait les yeux gris, d’un gris azuré qui en rendait étrange l’expression, le nez mince, les lèvres fortes, le menton un peu charnu, une figure irrégulière mais séduisante pour le commun des hommes, pleine de gentillesse et de malice. C’était l'un de ces visages de femme dont chaque ligne révélait une grâce particulière, couvait une signification, dont chaque mouvement paraîssait dire ou cacher quelque chose.

D'une porte à demi-entrouverte émergea un homme revêtu d'une veste de sous-officier, qui, dans l'ivresse de la nuit, conservait une allure tapageuse, un peu commune, mais réelle cependant. Grand, bien fait, blond, d'un blond vaguement roussi, avec une barbe de trois jours qui semblait mousser autour de ses lèvres vermeilles, des yeux bleus à l'effigie de l'océan, trouée d'une petite pupille, des cheveux ondulés, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait fort bien au mauvais sujet tant décrit par les romans populaires. Ce devait être ce genre d'homme, qui, par leur belle mine et leur maintien élégant, grappillait ci et là quelques miettes d'amour, quelques faveurs féminines au gré de leurs désirs et surtout, en fonction de la taille de leurs bourses sans aucun jeu de mot grivois ; ce genre d'homme, enfin, qui aimait cependant les lieux où se réunissaient les filles publiques, leurs bals, leurs rues et leurs maisons de joies, qui aimait les courtiser, leur parler, les tutoyer, flairer leurs parfums violents, se sentir près d’elles avant de s'ébattre ensuite, qui ne les méprisait point du mépris inné des hommes de famille... C’étaient des femmes enfin, des femmes d’amour. Le regard vitreux, il s’allumait au contact des rôdeuses qui murmuraient à l’angle des rues leurs chants de sirènes : « Venez-vous chez moi, joli garçon ? » demanda la prostituée parée pour l'occasion de ses plus beaux atours. Il lui rendit un regard approbateur, mais il se tourna également vers la jeune femme qui lisait en cette heure tardive.

- Ma chère dame, marchanderiez-vous vos faveurs ? demanda-t-il d'un ton qui laissait deviner son appétit.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Mar 3 Avr - 10:06
[Hassling - Ozgë]

Restant accroupie de la même manière qu'elle était lorsqu'elle enlaça Emilien, elle le regarda retourner vers son village dans un silence religieux. Au fond d'elle, elle aurait aimé pouvoir le garder plus longtemps dans ses bras, mais elle savait que cela aurait été un réconfort qui rendrait encore plus ardu le devoir qu'elle s'était donnée de reprendre sa route. Quand l'enfant était sur le point de disparaître de son champ de vision, elle se demanda alors si elle serait capable d'honorer sa promesse. Emilien avait raison : ce monde est dangereux et elle ne le connaissait que trop peu. La mort était un risque qui mettrait assurément un terme à son éventuel retour.

L'inrelith soupira avant de faire dos au village et de s'élancer sur la route qui l'accueillait à nouveau après cette longue pause. Au moins partait elle avec une idée d'où aller : la carte que les villageois lui donnèrent en echange de ses services ou par pur altruisme, elle l'utiliserai à bon escient. L'inconnu était désormais moins sombre et l'horizon ne s'assombrissait pas par son ignorance. Bientôt, le charmant village n'était plus visible, ses chaumières étaient trop loin pour qu'elle puisse les distinguer et même les colonnes de fumées des cheminées disparaissant dans le ciel se soustraiyaient à sa vue.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

le Jeu 5 Avr - 23:15
Zienkursk, Tel Vatraen | Saada

Saada leva les yeux sans lever le menton, jeta un coup d'oeil droit dans les yeux de l'homme, avant de reposer les yeux sur son livre.

- Que vous ne me reconnaissiez pas sous l'état d'ivresse est une chose, sous-officier, mais que vous me preniez pour une prostituée, cela en est une autre. Je vous pardonne puisque vous ne m'avez pas l'air dans votre état, mais fichez vite le camp d'ici, avant de sortir d'autres soteries de votre bouche, ça peut vous coûter cher si je me lève.
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Re: Darzna na Anzal - Guerre et Paix

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